Psychogénéalogie : Quel est notre histoire familiale ?

L’héritage de nos parents constitue la dernière reconnaissance de ces derniers envers nous-même comme étant leur enfant.

D’un point de vue subtil, nous héritons d’un systèmes de valeurs, de croyance, d’une éducation liés à notre famille. C’est une richesse pour chacun de nous, une richesse différente.

Mais nous héritons également des traumatismes familiaux, fracture, deuils, non-dits, secrets, fantômes (le fantôme est un secret qui avec le temps n’est plus identifiable mais pèse sur le système). Ceux-ci nous mettent à mal en tant qu’individu.

La psychothérapeute Anne Ancelin-Schützenberger et l’artiste Alexandro Jororowski ont développé en parallèle le courant de la psychogénéalogie. C’est l’idée qu’à la naissance, l’on porte déjà un certain nombre d’informations relatives à l’histoire familiale qui nous influencent.

Anne Ancelin Schutzenberger, en travaillant pendant des années auprès de malades atteints d’un cancer, a cherché dans leur histoire familiale une éventuelle  » répétition  » ou identification à une personne aimée importante. La psychothérapeute a pu ainsi constater que leur cancer s’était fréquemment déclaré exactement à l’âge où une mère, un père, un grand-père, une tante, un cousin, étaient morts d’une maladie grave ou d’un accident.

Dans le but de relever et clarifier les coïncidences de dates et d’âges chez divers membres d’une même famille, elle a créé le « génosociogramme », un arbre généalogique constitué des faits marquants et des événements importants, heureux ou malheureux, relevés sur plusieurs générations. Lorsqu’un problème présente des similitudes avec un autre survenu dans le passé, la psychothérapeute parle de « syndrome d’anniversaire ».

Pourquoi et comment?

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La psychogénéalogie part d’une vision systémique de la famille.

La famille est un système et répond aux lois de tout système avec:

  • une forme, qui le constitue et le délimite. Le système familial est constitué de ses membres, père, mère, ascendants, oncles et tantes, descendants.
  • une logique de fonctionnement. Le système familial cherche à perdurer dans le temps avec ses propres règles, normes, valeurs.
  • des échanges. échanges entre éléments de la famille mais aussi entre différents systèmes familiaux.

Elle répond aux lois suivantes :

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L’interaction (ou l’interrelation).

Il y n’ a pas une relation unidirectionnelle entre les différents membres mais bien des interactions entre chaque membre du système, un individu porte certaines problématiques du clan; quand celui-ci travaille dessus en constellation familiale par exemple c’est tout l’arbre qui est touché.

La totalité (ou la globalité)

Si on prend les membres d’une même famille individuellement on ne pourra pas comprendre l’ensemble de leurs comportements : ce n’est qu’en étudiant l’ensemble des membres qu’on pourra ensuite comprendre les comportements individuels.

L’organisation est le concept central

Dans une famille, la hiérarchie, le type d’autorité et sa répartition dans la famille donneront des fonctionnements très différents.

La complexité d’un système

Les systèmes familiaux peuvent permettre de déduire des comportements mais pas de façon linéaire et automatique. Le système est en évolution.

L’homéostasie

Chaque naissance vient remettre le système en équilibre, ainsi chaque enfant est porteur d’une (ou plusieurs problématiques) que l’on peut retrouver parfois dès le choix du prénom.

La transmission

On l’aura compris, il y a donc une transmission au sein du clan ou système familial.

Cette transmission amène un individu T face à certaines problématiques, inconscientes ou conscientes (transmission d’un patrimoine foncier, par exemple, l’héritier se doit de continuer pour le clan : c’est explicite).

A partir de dynamiques, ou types de problématiques données, l’individu a dans sa besace plusieurs manières de réagir.

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En loyauté

L’individu choisit consciemment ou non de suivre l’impulsion familiale.

Par exemple l’héritier dont je parlais accepte de reprendre le vignoble de la famille et de faire fructifier le patrimoine.

Mais ce sera aussi, cet homme qui en loyauté pour sa mère qui a beaucoup souffert dans son mariage, ne se mariera pas. Ici c’est implicite, l’homme croit savoir que sa mère serait reconnaissante de cette loyauté et l’endosse. Ainsi il ne prend pas le risque de rendre une femme malheureuse et reste dévoué à sa mère.

La loyauté c’est le comportement le plus fréquent dans au moins une partie de vie. Nous sommes en partie mues par notre système familial et tentons de répondre aux attentes.

 

La trahison

L’individu va à l’encontre des attentes du clan

Soit c’est réalisé sans conscience : il y a alors une culpabilité sous-jacente très lourde à porter, qui sera transmise.

Soit c’est fait en conscience, au sens où suite à sa propre évolution l’individu, fait le choix de se libérer des attentes du clan, dans le respect et en honneur du clan.

La transmission des informations du clan, en fonction de laquelle l’individu réagit se fait à partir des histoires transmises mais pas uniquement.

Le plus surprenant dans l’analyse transgénérationnelle est que l’individu n’a pas besoin de connaître les faits de l’histoire familiale pour les subir et agir en fonction.

Qu’en est-il de la psychologie et de l’inconscient collectif

Pour Freud 1856, 1939, nous naissons ‘table rase’ et nous ne sommes que le résultat de toutes nos expériences, de nos refoulements.

Cependant, dans Totem et Tabou 1913, Sigmund Freud avait déjà évoqué la possibilité d’une « âme collective » pour tenter d’expliquer une transmission de l’inconscient d’une personne à l’inconscient d’une autre personne.

Mais Carl Gustav Jung 1875, 1961ouvre une voie avec sa théorie de l’ » inconscient collectif  » auquel chacun de nous aurait accès. L’inconscient selon Jung comporte plusieurs dimensions. C’est sortir de l’idée que l’homme est complètement enfermée dans son histoire personnelle.

La psychologie d’un individu ne devient alors que le champ dans lequel se manifeste quelque chose qui est bien au-delà de moi. C’est la différence fondamentale entre Jung et Freud.

Dans l’âme, Jung distingue trois degrés :

  1. La conscience ;
  2. L’inconscient personnel (contenus oubliés ou refoulés, perceptions sensibles qui n’ont jamais atteint la conscience tout en pénétrant dans la psyché) ;
  3. L’inconscient collectif, héritage de possibilité représentatives, qui n’est pas individuel, mais généralement humain, même généralement animal, et constitue le fondement proprement dit du psychisme individuel.

Ces approches amènent l’idée que l’homme, reçoit déjà in utéro des mémoires, ancestrales, des mémoires familiales qui seront ensuite son socle mais aussi son entrave.

L’analyse transgénérationnelle montre qu’il existe une forme de reproduction inconsciente entre les générations. S’en rendre compte permet de se déculpabiliser et éventuellement de se débarrasser de certains comportements ou traumatismes.

La constellation familiale s’inscrit tout naturellement dans cette dynamique.

Les constellations sont la mise en jeu spontanée du système familiale d’un membre d’un groupe par les autres participants. Cette méthode est basée sur l’idée que l’inconscient collectif groupal fait émerger la solution aux maux de la famille, et c’est l’inconscient qui est sollicité comme étant le lieu de la solution. Chacun des participants sollicités exprime son ressenti. Le thérapeute accompagne le mouvement.

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